Maroc: Présentation de la nouvelle structure du Rapport sur le budget axé sur les résultats tenant compte de l’aspect genre

Dans le cadre de la Convention de partenariat entre ONU Femmes et le Ministère de l’Economie et des Finances, la Direction des Etudes et des Prévisions Financières (DEPF) et le Centre de l’Excellence pour la Budgétisation Sensible au Genre (CE-BSG) ont organisé, le vendredi 19 juillet 2019 à Rabat, un séminaire de présentation de la nouvelle structure du Rapport sur le budget axé sur les résultats tenant compte de l’aspect genre (RBG).

Date : mardi 30 juillet 2019

Le Rapport sur le budget axé sur les résultats tenant compte de l’aspect genre (RBG), ou plus couramment appelé « Rapport Genre », accompagne, depuis 2005, la présentation du projet de la Loi de Finances. Il constitue un instrument d’analyse et d’évaluation sous le prisme genre des politiques publiques.

Dans son allocution, Mounssif Aderkaoui, Directeur des Etudes et des Prévisions Financières, a souligné l’importante évolution du Rapport Genre au cours des années ; une évolution quantitative, couvrant 4 départements ministériels en 2005 pour arriver à 27 départements en 2019, mais également une évolution qualitative, avec des démarches analytiques différentes et nouvelles. Au regard des avancées institutionnelles et opérationnelles qui ont accompagné l’application de la BSG au Maroc, couronnées par l’adoption en 2015 de la nouvelle Loi Organique de Finances (LOF), le Rapport Genre a été amené à suivre cette dynamique de progrès. L’objectif du projet de refonte du Rapport Genre, réalisé en 2019 avec l’appui technique d’ONU Femmes, était de renforcer le contenu du Rapport Genre et d’en faire un véritable instrument stratégique de suivi et d’évaluation genre des politiques publiques, en ligne avec les dispositions de la nouvelle Loi Organique de Finances (LOF). Ahmed Berrada, Directeur National du Centre de l’Excellence pour la Budgétisation Sensible au Genre, a mis l’accent, de son côté, sur l’importance du renforcement des capacités des départements ministériels en matière de BSG, pour garantir une appropriation et une mise en œuvre de l’approche.

ONU Femmes appuie quelque 65 pays à travers le monde dans l’adoption d’une planification et budgétisation sensible au genre. Au Maroc, le partenariat entre ONU Femmes et le Ministère de l’Economie et des Finances est historique, et date de 2002. A ce propos, Leila Rhiwi, Représentante d’ONU Femmes, a rappelé les déterminants du succès de la démarche du Maroc en BSG : un cadre légal et institutionnel fort avec la Loi Organique de Finances, des outils de mise en œuvre spécifiques tel que le Rapport Genre et finalement, le renforcement de capacités continu pour la définition des objectifs spécifiques pour la réduction des inégalités, et la définition les indicateurs de performance des programmes.

Les principaux résultats du projet de refonte du RBG ont été présentés Zineb Bouba (DEPF) et Sofie Lambert (ONU Femmes). Ceux-ci ont porté sur la nécessité de concrétiser un alignement entre les processus d’élaboration du RBG et des Projets de Performance (PdP) des départements ministériels, de recourir à des analyses genre sectorielles qui devraient être le point de départ d’une programmation intégrant la dimension genre qui soit pertinente, de maintenir un processus continu et régulier de renforcement des capacités des départements ministériels en matière de BSG et de renforcer l’implication du Top management ministériel.

Lancé en février 2013 par le Ministère de l’Economie et des Finances en partenariat avec ONU Femmes, le Centre de l'Excellence pour la budgétisation sensible au genre (CE-BSG) est le premier de son genre au niveau africain et arabe. Sa mission est (i) l’accompagnement des départements ministériels et établissements publics dans la prise en compte du genre au niveau de leurs stratégies, programmes et budget (ii) le développement d’un pôle d’excellence, d’innovation et le partage du savoir et des connaissances dans le domaine (iii) le rayonnement du CE-BSG à l’échelle internationale via le renforcement des partenariats Sud-Sud, Sud-Nord, ainsi que des partenariats triangulaires.