Mission de l’Instance Vérité et Dignité tunisienne au Maroc

Date : lundi 1 juin 2015

Instance Vérité et Dignité

L’Instance Vérité et Dignité (IVD), créé en 2013 en Tunisie, a été chargée de recenser et d'indemniser les victimes des abus des régimes de Ben Ali et Bourguiba. Pour renforcer le travail de l’IVD, et plus spécifiquement concernant l’intégration de la perspective de genre durant le processus de justice transitionnelle, cinq membres de l’IVD ont participé à une mission au Maroc, grâce à l’appui du Conseil National des Droits de l’Homme, où ils ont rencontré des anciens membres de l’Instance Equité et Réconciliation (IER).

Les anciens membres de l’IER ont partagé leurs expériences et ont émis des recommandations relatives, notamment à l’importance d’intégrer le genre dès le début du processus, d’assurer de l’existence d’une volonté politique ou encore la nécessité que l’IVD soit composée de staff technique (écouteurs, enquêteurs, psychologues) qui inclue une expertise sur les questions de la violence à l’encontre des femmes et du genre.

Concernant les indemnisations, il a été recommandé qu’un système de discrimination positive en faveur des femmes pour la décision sur l’octroi de leur indemnisation soit adapté. En effet, les femmes ont non seulement subi les mêmes violations que les hommes, mais elles ont aussi été victimes des discriminations additionnelles en raison de leur sexe.

Le 28 mai 2015, les membres de l’IVD et l’ONU Femmes ont procédé à une visite de terrain à Casablanca à l’Association médicale de réhabilitation des victimes de la torture (AMRVT). Durant cette visite, le président de l’AMRVT, le docteur Abdelkarim Manouzi, a expliqué qu’il continue à mener le travail qu’il a entrepris pendant les années de plomb, à savoir l’acheminement des victimes de torture vers les hôpitaux de référence et le paiement des ordonnances que les mutuelles de santé remboursaient partiellement. La mission actuelle de l’AMRVT est aussi de revendiquer le droit des victimes de torture à la santé dans la dignité et à la prise en charge totale de l’Etat.