Prévention et lutte contre la violence à l’égard des femmes

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La violence à l’égard des femmes et des filles constitue une atteinte grave aux droits fondamentaux et atteint des taux alarmants : d’après les données nationales disponibles en fonction des pays, jusqu’à 70% des femmes sont confrontées à la violence physique ou sexuelle au cours de leur existence.

Les conséquences sur la santé physique, sexuelle et mentale des femmes et des filles sont multiples et peuvent être immédiates ou à long terme, menant même jusqu’à la mort. Les effets qui entravent la participation des femmes à la vie sociale, ne sont pas seulement négatifs pour leur santé et leur bien-être ; mais concernent également leurs familles, leurs communautés et leurs pays qui subissent, par ricochet, les conséquences néfastes de la violence.

 En termes d’impact sur les budgets nationaux et le développement des pays en général, le phénomène est également inquiétant car la violence à l’égard des femmes et des filles implique des coûts très élevés, se traduisant par des dépenses supérieures en matière de soins de santé et de frais juridiques, et génère également une perte considérable de productivité.

Il convient de souligner par ailleurs que le droit des femmes à vivre à l’abri de la violence est défendu par des accords internationaux tels que la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), tout particulièrement par le biais des Recommandations générales 12 et 19, et par la Déclaration des Nations Unies sur l’élimination de la violence contre les femmes de 1993.

À l’échelle mondiale, ONU Femmes apporte son soutien aux processus intergouvernementaux, tels que ceux de l’Assemblée générale et la Commission de la condition de la femme, afin de faire progresser le cadre normatif international. Au niveau national, ONU Femmes aide les États à adopter et à appliquer des réformes juridiques alignées sur les normes internationales.

Un nombre de pays sans précédent dispose de lois contre la violence domestique, les agressions sexuelles et les autres formes de violence. C’est le cas pour l’Algérie, qui depuis avril 2015 dispose d’une loi qui pénalise la violence domestique. En Tunisie et au Maroc, des projets de loi sont en cours d’élaboration. Toutefois, il reste bien des défis à relever pour faire appliquer les lois afin que les femmes et les filles puissent jouir de la sécurité et de la justice. Les initiatives de prévention sont en effet insuffisantes, et les actes de violence restent très souvent impunis.

Les accords conclus à l’échelle internationale constituent le fondement qui permet à ONU Femmes Maghreb d’aider les pays à adopter et à appliquer des lois et des politiques conformes à ces normes internationales et aux conventions ratifiées par ces pays. À cet effet, nous travaillons en partenariat avec les gouvernements, les organismes des Nations Unies, les organisations de la société civile et d’autres institutions dans les trois pays, pour renforcer les capacités de prévention et de lutte contre la violence et sensibiliser l’opinion publique à ses causes et à ses conséquences.

Les actions d’ONU Femmes Maghreb visent par ailleurs à appuyer les efforts des organisations de la société civile pour influencer l’adoption et la mise en œuvre des lois qui protègent les femmes contre toutes formes de violence et de discrimination.