Violences faites aux femmes et aux filles: la Tunisie se penche sur l'approche religieuse et juridique

Le Ministère des Affaires Religieuses (MAR) et le ministère de la Femme, de la Famille, des Enfants et des Seniors (MFFES) ont organisé en partenariat avec ONU Femmes, une conférence nationale informative le jeudi 12 Juillet 2018 à Tunis sur la « Protection de la femme de la violence dans le système juridique et de valeurs en Tunisie ».

Date : mercredi 25 juillet 2018

La conférence a connu la participation de 250 personnes et a eu pour objectif de mettre en lumière le rôle du cadre religieux dans l'opérationnalisation du principe de la lutte contre la violence à l'égard des femmes, présenter les mécanismes du ministère des Affaires religieuses pour protéger les femmes de la violence ainsi que la loi de lutte contre la violence à l'égard des femmes. Dans son allocution, Ahmed Adhoum, Ministre des Affaires Religieuses, a déclaré que « la loi organique 58/2017 contre les violences faites aux femmes est une nécessité pour protéger les femmes, mais qu’il y’ a aujourd’hui la nécessité de l’intégrer dans les mentalités tunisiennes ». Le ministre a réitéré son engagement à former les imams avec le soutien d’ONU Femmes afin de sensibiliser les jeunes aux fondements mêmes de la religion islamique basée sur le respect de la dignité humaine, de la tolérance et du rejet de toutes les formes de violence envers les femmes et d’extrémisme. La Ministre de la Femme, de la Famille, des Enfants des Seniors, Neziha Laabidi a indiqué, quant à elle, que la loi, ne suffisait plus à elle seule à protéger les femmes contre les violences : « La lutte contre les violences passe inévitablement par l’autonomisation économique des femmes » a-t-elle souligné. La ministre a, à cet effet, énoncé plusieurs programmes destinés à renforcer la participation des femmes à la vie active et à promouvoir leurs droits sociaux, juridiques et économiques afin qu’elles gagnent en autonomie. Mme Labidi et M. Adhoum ont exprimé la volonté et la nécessité de poursuivre la collaboration, en mettant en place des mesures de prévention avec le soutien d’ONU Femmes visant, d’une part, l’autonomisation économique des femmes, et d’autre part, la formation et l’encadrement des imams des mosquées tunisiennes.