Algérie : Les enseignants des centres d’action sociale se forment sur les violences faites aux femmes

Selon la DGSN, 8,000 cas de violence envers les femmes ont été enregistrés en 2016. Cependant ce chiffre est loin d’être représentatif – souvent les femmes survivantes de violence (FSV) n’osent pas porter plainte, et se retrouvent en conséquence privées d’une aide spécialisée et continue, et d’une protection immédiate. En 2018, pour la première fois, un module sur la prise en charge des femmes survivantes de violences et de leurs enfants, qui a été élaboré dans le cadre du programme de coopération Taf ‘il, mené en partenariat avec ONU Femmes, sera intégré dans le cursus des centres d’action sociale. Le module a pour objectif de former les professionnels de l’action sociale qui sont en première ligne pour détecter et accompagner les femmes survivantes de violences et contribuera ainsi à l’amélioration des services fournis à ces femmes.

Date : vendredi 6 octobre 2017

Imane Hayef, la Coordinatrice nationale des Programmes ONU Femmes Algérie
Imane Hayef, coordinatrice nationale des programmes à l'ONU Femmes Maghreb en Algérie/ONU Femmes

 

Le Ministère de la Solidarité Nationale, de la Famille et de la Condition de la Femme (MSNFCF) a organisé, en partenariat avec ONU Femmes, du 24 au 27 septembre, un séminaire pédagogique en direction des enseignant-es du Centre National de Formation des Personnels Spécialisés (CNFPS) et du Centre national de formation des Personnels Handicapés (CNFPH). La formation a porté sur l’introduction du module sur l’écoute, l’accompagnement et la prise en charge des femmes survivantes de violence et de leurs enfants, qui sera intégré à partir de l’année prochaine dans le cursus des étudiants des centres nationaux de formation spécialisés dans les métiers de l’action sociale.

Les enseignant-es et formateurs ont bénéficié durant 4 jours d’une introduction à ce module de formation, qui intègre les aspects psychologiques et juridiques de l’accompagnement des femmes survivantes de violence. Son intégration dans les programmes de la formation initiale et continue des professionnels de l’action sociale prévue pour 2018 permettra d’améliorer à long terme la qualité des services fournis à ces femmes et à leurs enfants. Cette institutionnalisation du genre dans le domaine de la formation liée à l’action sociale compte parmi les rares expériences de ce type menées dans la région Afrique du Nord et Moyen Orient.

Amel Abid, Formatrice au CNFPS Birkhadem, qui participe pour la deuxième fois à une formation organisée par ONU Femmes, déclare : « Ces deux formations m’ont permis en premier lieu de connaitre l’ampleur de la violence contre les femmes en Algérie, au travers les nombreuses discussions et de témoignages d’ autres professionnels.  La violence contre les femmes est une réalité, pas seulement en Algérie, et il faut continuer à attirer l’attention sur ce sujet, car elle a des répercussions importantes dans notre société. J’espère qu’à partir de ce programme, qui nous enseigne la théorie de la prise en charge des FSV, on arrivera à ouvrir d’autres débats au sein d’un public plus grand.»

 

 

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